À La Piste, nous apprenons principalement le Hip Hop freestyle, avec sur certains cours ou workshops une ouverture sur les autres styles de la culture hip hop. Le Hip-hop est avant tout une culture dont les cinq piliers sont :
La danse, Le graff, Le Rap (Mc), le Dj-ing et le Beatboxing.
Historiquement, plusieurs danses ont été rattachées à cette culture, en premier le Breakdance puis les Funkstyle et enfin le hip hop freestyle. Par la suite d’autres styles se sont ajoutés qu’on regroupe aujourd’hui sous le terme ombrelle « hip hop ». Ces danses sont nées dans un contexte où les cultures se mélangeaient et les musiques urbaines émergeaient — un mode d’expression et de valorisation pour une jeunesse en pleine mutation.
Le Hip Hop Freestyle — aussi appelé Newstyle ou New Jack Swing aux États-Unis — est né dans les clubs new-yorkais où passaient du rap et de la musique hip hop, à la fin des années 1980. C’est la danse principale enseignée à La Piste, pratiquée chaque vendredi.
Il se caractérise par des mouvements fluides, des freezes, un travail de poids corporel et une connexion profonde avec la musique. Contrairement à d’autres styles codifiés, le freestyle est fondamentalement une danse d’improvisation : chaque danseur y exprime sa propre identité, son groove, son style. Apprendre à freestyler, c’est apprendre à s’écouter, à habiter la musique plutôt que simplement la suivre.
Références incontournables : Elite Force Crew (fondé par Buddah Stretch en 1992), Buddah Stretch en action, Moncell Durden. En compétition, Juste Debout est la référence mondiale née à Paris.
Le Breaking est né dans le Bronx, New York, dans les années 1970, porté par une jeunesse afro-américaine et latino qui transformait les rues et les block parties en scènes d’expression. Il est l’une des premières danses rattachées à la culture hip hop.
Ses fondamentaux : les toprocks (debout), les footwork (au sol), les power moves (acrobaties tournoyantes) et les freezes (figures statiques). C’est une danse de défi et de dépassement de soi, portée par des crews légendaires comme les Rocksteady Crew et les NYC Breakers. Le Breaking a été reconnu sport olympique aux JO de Paris 2024.
→ BBoys : A History of Breaking – Rock Steady Crew (doc) | Rock Steady Crew dans Flashdance (1983)
Le Locking est né sur la côte ouest des États-Unis dans les années 1970. Son créateur, Don « Campbellock » Campbell, reproduisait des steps qu’il voyait à la télé, ajoutant spontanément des pauses — les fameux « locks » — qui donnèrent son nom au style.
C’est le seul style hip hop qui repose sur un répertoire défini d’environ 64 bases techniques. Il est joyeux, théâtral, interactif avec le public. Le groupe The Lockers, avec Toni Basil, Fred « Mr Penguin » Perry et Shabba Doo, l’a popularisé mondialement via la télévision américaine.
Le Popping est né en Californie dans les années 1970, à Fresno puis Long Beach. Son principe : contracter et relâcher les muscles très rapidement (les hits) pour créer un effet de vibration dans le corps. Derrière cette base se cachent des dizaines de techniques : waving, tutting, strobing, dime stop, ticking…
Popularisé par Boogaloo Sam et les Electric Boogaloos (fondés en 1977), leur style le Boogaloo ajoutait au popping des mouvements fluides, des poses et une dimension narrative (Scarecrow, Puppet, Old Man…). Il est important de distinguer le concept (la contraction musculaire) du style (la manière dont on l’utilise).
→ Electric Boogaloos sur Soul Train (1980) | Histoire du Popping – Red Bull
La House Dance est née à Chicago et New York dans les années 1980, dans les clubs où passait de la musique house. Comme le freestyle, elle est profondément liée à la musique — les pieds tracent des rythmes, le corps absorbe les basses.
Elle se distingue par son footwork complexe, ses mouvements de hanches et sa capacité à passer du sol au debout avec fluidité. Figures emblématiques : Ejoe Wilson, Shan Selby, Brian « Footwork » Green, tous du collectif NYC Dance Fusion (ancêtre direct d’Elite Force).
Le Krump est né à Los Angeles au début des années 2000, issu du Clowning créé par Tommy the Clown. Tight Eyez en a poussé la radicalité pour donner naissance au Krump : mouvements intenses et percussifs (chest pops, arm swings, stomps), forme de libération émotionnelle et de résilience.
Le documentaire Rize (2005) de David LaChapelle en donne un portrait saisissant et reste une référence incontournable pour comprendre les origines et l’esprit du Krump.
→ Documentaire Rize (2005) – IMDB | Krump Battle – Red Bull BC One
Le Waacking (ou Punking) est apparu dans les clubs underground de Los Angeles dans les années 1970, pratiqué principalement dans la communauté LGBTQ+ afro-américaine et latino. C’est une danse de survie et de fierté, née dans des espaces où l’on pouvait enfin être soi-même.
Il se caractérise par des mouvements de bras rapides et expressifs, des poses théâtrales inspirées du cinéma et de la mode, une connexion forte à la musique disco et funk. Aujourd’hui reconnu comme l’un des styles les plus expressifs et libérateurs du monde hip hop.
Le Litefeet est né à New York dans les années 2000, d’abord dans le métro et les rues de Harlem. Danse de rue festive, souvent pratiquée en groupe et en compétition informelle. Son nom vient de la légèreté apparente des pieds — qui bougent pourtant à toute vitesse.
Ses signatures : les toe wops, le lock-in, les air glides, et des tricks acrobatiques intégrés au flow. Souvent accompagnée de Ratchet Music ou de hip hop new-yorkais. Une danse qui célèbre l’énergie de la rue et la joie de danser ensemble.
→ Litefeet NYC – Documentary | Litefeet en action dans le métro
Le Flexin’ (ou Bone Breaking) est né à Brooklyn, New York. Contorsions, déboîtements de bras, illusions optiques créées avec le corps — c’est l’une des danses les plus visuellement saisissantes de la culture urbaine. Il emprunte aux arts du cirque, aux films d’horreur et aux traditions de danse africaine.
Au-delà du spectacle, le Flexin’ est un vrai langage corporel : chaque mouvement raconte quelque chose. Il intègre aussi des waves fluides qui contrastent avec ses moments d’illusion extrême. Une maîtrise du corps absolue est nécessaire.
→ Flexx Brooklyn – Bone Breaking | Flexing NYC – mini-doc Red Bull
Le Turfin’ est originaire d’Oakland, Californie, apparu au début des années 2000. Son nom vient du mot turf — le quartier, le territoire. Profondément ancré dans l’identité locale d’Oakland, il mêle fluidité, poses artistiques et illusions visuelles.
La vidéo RIP Rich D filmée par YAK Films en 2009 — où les Turf Feinz dansent sous la pluie en hommage à un ami décédé — a fait connaître le Turfin’ au monde entier. Un témoignage bouleversant de la manière dont la danse peut être un acte de deuil et de résilience.
→ Turf Feinz – RIP Rich D (YAK Films) | KQED – How Turf Dancing Defines Oakland
Le Chicago Footwork (ou Juke) est né dans les années 1990 à Chicago, dans les soirées de quartier où passait de la ghetto house pouvant monter jusqu’à 160 BPM. La danse en est la réponse physique directe : des pieds qui bougent à une vitesse hallucinante, dessinant des patterns complexes au sol.
Musique et danse sont ici indissociables : c’est l’un des rares styles où le son a été créé pour et avec la danse. Figures : ghosting, gliding, get low… L’artiste RP Boo et le label Planet Mu ont contribué à faire connaître cette scène au monde entier.
Le Jookin’ (aussi appelé Gangsta Walking ou Buckin’) est né à Memphis, Tennessee, dans les années 1990, au cœur des quartiers populaires de la ville. Il se caractérise par un travail de pieds extrêmement précis exécuté sur la pointe des pieds, donnant l’impression de glisser ou de flotter sur le sol.
Le Jookin’ mêle fluidité, équilibre et expressions corporelles très contrôlées, souvent sublimées par le port de chaussures à semelle lisse. Popularisé mondialement par Lil Buck — notamment après qu’une vidéo de lui dansant avec le violoncelliste Yo-Yo Ma (filmée par Spike Jonze) devint virale avec plusieurs millions de vues.
→ Lil Buck au Kennedy Center | Top 5 Jookin’ par Lil Buck – Google Arts & Culture